Terrasson - Lavilledieu

Christine Deviers-Joncour

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Après "les coups durs, et dix ans de cauchemar", Christine Deviers-Joncour tourne la page. Sa passion pour la musique aujourd’hui se concrétise. Elle semble avoir trouver sa voie. Et aussi sa voix, puisqu’elle chante sur ses textes et une musique romantique. Et puis, c’est un autre destin, une nouvelle vie, partagée entre la Norvège où vit son nouveau compagnon et son pays natal.

En escale chez sa mère, dans un petit hameau près de Ladornac, sur les hauteurs de Terrasson, dans cette maison qui a vu naître dix générations de sa famille, elle explique : " j’aime me retrouver là. Ce sont mes racines". De plus, ses relations avec les terrassonnais semblent ne pas avoir prises une ride. "Les gens me regardent avec le même regard que quand j’étais petite. Ici, c’est la vraie Christine que l’on regarde, c’est pas l’autre qui a été préfabriquée..."

Musicienne dès l’âge de 9 ans, et durant dix ans, elle suivait les cours de piano d’un professeur de Sarlat, ancien chef d’orchestre en Espagne, aujourd’hui disparu. Dans les années 2003, elle flirte à nouveau avec la musique dans une période de rock contestataire, aux côtés de son fils guitariste. "Cela m’a permis de ne pas sombrer, à l’époque" confie-t-elle. Puis, sa rencontre avec Alf Emil Eik, un musicien auteur-compositeur et producteur norvégien, "très connu là-bas" dit-elle, a sans aucun doute bouleversé sa vie, puisqu’une chanson est aujourd’hui prête et qu’un album de douze titres sortira à la fin de cette année. En parallèle, un projet au théâtre pourrait même voir le jour en janvier prochain à Paris. "Je suis une saltimbanque, en fait" dit-elle avec le sourire.

Ses démêlés politico-judiciaires semblent donc bien loin derrière. Même si les traces laissées par ces affaires sont toujours bien perceptibles, parfois même assez brûlantes dans ses mots. "C’était le plus gros scandale de la Ve République avec 4 milliards de détournement" dit-elle. L’affaire Elf Aquitaine et celle des frégates à Taïwan (Thomson) avaient fait la une des journaux à la fin des années 90. "La Putain de la République", titre de son livre qui avait fait grand bruit en 1998, était devenu la femme à abattre. "L’affaire des Frégates étant à l’origine d’une dizaine de morts, J’ai vécu dans Paris pendant trois ans avec la peur au ventre. Et encore aujourd’hui, je n’ai plus de vie civile. Je suis une nomade-SDF. Le prix à payer pour dénoncer la corruption est vraiment très lourd" tient-elle à préciser. Le fisc est par ailleurs toujours à ses trousses et a mis une saisie conservatoire sur la maison familiale. A propos de son passage assez fréquent dans certaines émissions télévisées et quelques magazines "people", elle s’explique : "je me suis médiatisée pour sauver ma peau. J’ai eu très peur, avec deux ans passés avec un gilet pare-balles !" Et le résultat a été concluant avec de nombreuses lettres de soutien reçues. "C’est pour ça que je suis vivante" dit-elle, convaincue.

Aujourd’hui, l’enfant du pays en profite pour faire entendre son nouveau disque... "Ce que je fais a l’air de plaire aux gens du village. Et puis, si ça ne marche pas, j’ai ma vie, avec mes enfants, ma mère, mon mari et mon chien. Et voilà, ça va."

Alain Rassat/terrasson.evous.fr/août 2007

Photo d’archives (Alain Rassat) : lors d’une randonnée des auteurs organisée dans son village, il y a quelques années...

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mardi 7 août 2007
 
 
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