C’est la crise d’un système (capitaliste) qu’Yves Dimicoli est venu décrier à la salle des fêtes de Terrasson ce mercredi soir 29 avril 2009. Pour l’économiste, qui est aussi l’un des dirigeants du PCF (parti communiste) national, c’est d’abord "le droit pour tous d’avoir un travail et des formations tout au long de sa vie". Devant une cinquantaine de personnes, Yves Dimicoli a fait part de son point de vue face à la crise et a remotivé pour le défilé du 1er mai, pour que cela devienne "un véritable rapport de force. Après le 29 janvier et le 19 mars, un grand mouvement se lève" dit-il.
De nombreuses personnes ont participé au débat. C’était "une réflexion passionnée et contradictoire", dit Viviane Roux, responsable du PCF local, qui a proposé la signature d’une pétition qui se transformera, selon elle, en "création d’association et de rendez-vous chez le préfet"...
Yves Dimicoli s’est voulu direct. "435 milliards d’euros ont été mobilisés en quelques mois par le gouvernement, alors que depuis quelques années on nous disait qu’il n’y avait pas d’argent pour les salaires... Dont 360 milliards pour les banques... Mais à quoi ça sert ? Cet argent public ne sert qu’à reconstituer les marges des banques..." dit-il. Et puis "les banques ne font pas assez de crédits, par rapport à la masse de salaires, de pensions et d’indemnités qui tombent dans leurs caisses chaque mois".
"En Terrassonnais, c’est +35% de chômage en un an, entre février 2008 et février 2009. Qu’est-ce que l’on attend ? Que la violence éclate ? Que les gens se suicident ? Il faut arrêter tout de suite les suppressions d’emploi et exiger que des mesures soient prises et ne pas se contenter de discours" dit-il sans détour. Selon lui, "il faut une table ronde avec les patrons mais aussi avec les banquiers et les associations de chômeurs, pour chercher d’autres solutions".
Une autre comparaison est importante pour l’économiste. "142 milliards d’euros en 2007 de charges sociales versées, par rapport aux 314 milliards d’euros de charges financières la même année !" Selon lui, "la sécurité sociale est un amortisseur de la crise"...
A propos des jeunes qui ne trouvent pas d’emploi... "Est-il normal qu’en France aujourd’hui les jeunes doivent accepter en moyenne 7 à 11 ans de galère avant de trouver leur place dans la société, 5 ans en Allemagne ?" Et puis, "c’est un pouvoir colossal que le chômage donne aux employeurs. Les ouvriers ont le pistolet du chômage sur la tempe..."
Dans la salle, les prises de paroles sont souvent fortes. C’est parfois même un cri du coeur... "Quel idéal propose le PCF ? En quoi peut-il sensibiliser les jeunes d’aujourd’hui ?" interroge un homme d’une trentaine d’années qui ajoute "je rêve d’une société égale". "J’ai signé au parti communiste car c’était le seul parti qui a lutté contre cette guerre impérialiste" lui répond cet homme qui a participé à la guerre d’Algérie. "On est en train de casser le droit de grève acquis par des luttes et c’est la prolongation de la casse du service public" explique ce maire à propos de la loi sur le service minimum qu’il a "refusé d’appliquer". "Comment ce dirigeant a pu faire une usine en Roumanie et une autre en Espagne et que maintenant les employés d’ici trinquent ?" demande Viviane Roux. "L’IUFM, institution de la république, est livrée à un ensemble supérieur privatisé et on change la constitution sans demander notre avis de citoyen" dira cet homme, l’air profondément touché. "On est en train de crever, on ne peut plus manger" dit cette ouvrière qui s’en prend aux politiques... "Ils ne se rendent pas compte du mal que l’on a, sur le terrain". Selon elle, "les idées germent dans la tête des jeunes, cela peut déraper très très vite" ! Une autre personne donne son point de vue : "les gens ont cru à l’argent roi, mais tout s’effondre". Yves Dimicoli répondra que la réaction doit se faire "par l’unité et la construction, mais pas seulement par le désespoir".
AR



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